27/11/2005I'm fucking someone !Ça fait du bien! 26/11/2005I'm fucking someone !Dans la solitude, on est toujours quelqu'un, ne l'oublie pas. 24/11/2005I'm fucking aloneEt alors ?
Du moins ça c'est à moi. 22/11/2005Ce qu'il y a de bien avec la tristesse, c'est qu'elle est incommensurable. 21/11/2005Il était l'ombre de lui-même
Une ombre ensoleillée 19/11/2005Je recherche un colocataire...Il m'a dit comme ça qu'il avait déjà trouvé un appartement et avait signé un bail, qu'il partait le 10 décembre.
3 jours auparavant, on discutait de la fin de notre relation ! Je lui disais que c'était difficile de penser que c'était fini, était-ce vraiment fini d'ailleurs ? n'y avait-il rien à essayer encore ? Et lui de me répondre "Ah! tu veux donc que je parte maintenant ?" On entend ce qu'on veut dans le discours de l'autre... J'ai beau eu lui dire que ce n'était pas de ça qu'il s'agissait, qu'il n'y avait aucune urgence à déménager, au contraire, que cela ne me posait pas de problème de vivre avec lui, il m'a encore répété que si je voulais absolument qu'il parte, il chercherait un endroit rapidement. Ce n'est que 3 jours après que j'ai compris...
Oui, on entend vraiment ce qu'on veut dans le discours de l'autre !
Mais d'où vient cette envie que ce soit clair, propre, net ? que les choses aillent vite ?
Avant les vacances de la Toussaint, il m'a redit qu'il m'aimait. Après les vacances, il m'a dit que c'était fini, qu'il n'avait plus de sentiment pour moi. Et qu'il n'en aurait plus! Comme ça, paf, du jour au lendemain. J'ai eu du mal à y croire, et j'ai toujours du mal à y croire.
Ce qu'il faudrait faire, quand on est amoureux, c'est de ne jamais écrire que c'est pour la vie, et toutes autres fadaises du même style, qu'on veut vieillir avec l'autre etc. ou alors il faut le faire!
Il existe un mensonge par anticipation.
Quelle est cette rage qui m'envahit ? Ce qui est difficile, c'est de dire Jeudi, j'ai enfin dit à des gens que j'aime bien que c'était fini avec Michel, qu'on avait rompu. Ça m'a rendu triste toute la journée. Comme si le dire à ceux qui ne le savaient pas, qui sont proches de moi et qui me regardaient encore cette semaine avec des yeux d'homme en couple, d'homme avec quelqu'un, en relation (eux qui m'avaient connu célibataire depuis tant d'années, étais-je enfin quelqu'un à leurs yeux ?), comme si le dire, donc, c'était donner une réalité tangible à la chose, la faire exister, la reconnaître.
Je l'avais écrit, mais ça n'était pas suffisant. C'est en le disant que je suis devenu Le Séparé.
12/11/2005Je n'ai jamais lu Dorian Gray10/11/2005J'ai tourné avec Kubrick ou ma vie dans un cadre07/11/2005C'est où déjà qu'on n'entend pas crier ?06/11/2005 |
| Dix raisons d'écrire
"Ecrire n'étant une activité ni normative, ni scientifique, je ne puis dire pourquoi ni pour quoi on écrit. Je puis seulement énumérer les raisons pour lesquelles j'imagine écrire :
1. pour un besoin de plaisir qui, on le sait bien, n'est pas sans rapport avec l'enchantement érotique;
2. parce que l'écriture décentre la parole, l'individu, la personne, accomplit un travail dont l'origine est indiscernable;
3. pour mettre en œuvre un "don", satisfaire une activité distinctive, opérer une différence;
4. pour être reconnu, gratifié, aimé, contesté, constaté;
5. pour remplir des tâches idéologiques ou contre-idéologiques;
6. pour obéir aux injonctions d'une typologie secrète, d'une distribution combattante, d'une évaluation permanente;
7. pour satisfaire des amis, irriter des ennemis;
8. pour contribuer à fissurer le système symbolique de notre société;
9. pour produire des sens nouveaux, c'est-à-dire des forces nouvelles, s'emparer des choses d'une façon nouvelle, ébranler et changer la subjugation des sens;
10. enfin, comme il résulte de la multiplicité et de la contradiction délibérées de ces raisons, pour déjouer l'idée, l'idole, le fétiche de la Détermination Unique, de la Cause (causalité et "bonne cause"), et accréditer ainsi la valeur supérieure d'une activité pluraliste, sans causalité, finalité ni généralité, comme l'est le texte lui-même." R. Barthes "Un critique ayant écrit, que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu'il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu'il ne se rappelait pas) était si bien peint, qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d'art chinoise, d'une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terres, sortit et entra à l'exposition. Dès les premières marches qu'il eut à gravir, il fut pris d'étourdissements. Bergotte passa devant plusieurs tableaux et eut l'impression de la sécheresse et de l'inutilité d'un art si factice, et qui ne valait pas les courants d'air et de soleil d'un palazzo de Venise, ou d'une simple maison au bord de mer.
Enfin il fut devant le Ver Meer qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petis personnages en bleu, que le sable était rose et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il; mes derniers livres sont trop secs : il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit mur jaune." M. Proust Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poëte suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange.
Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.
Du sol et de la nue hostiles, ô grief!
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne,
Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.
Stéphane Mallarmé "Chaque mot écrit est une victoire contre la mort." Butor  |