"Ce qui fait la difficulté d'écrire, ce n'est pas que l'écriture soit difficile, c'est qu'elle soit si factice, et si inutile." Genette



J'écoute : Tim McGraw, Live like you were dying
Je regarde : Heroes 3, yeahhhhh! (but pilote not so good!) Tell me you love me (awesome), Grey's Anatomy 3
Je lis : the sorrows of an american de Siri Hustvedt
Je mange : des scones
Je bois : du thé : tung ting
Je cite : "Le temps est l'invitation à mourir, à toute phrase de se composer dans un accord explicatif et total..." Claudel
Je pense : j'écris
Je rêve : de bébés
(mis à jour vendredi 26 septembre 2008 à 08:45)

27/06/2006

27/06/06 - 23:24

Drowsiness

Je suis vide, vidé... je suis en vacances et comme à chaque fois que je reviens à Paris, un millier de choses à faire, que j'ai envie de faire, en profiter un max, recharger les batteries, mais je rêve aussi de rien faire, vacances farniente, et de prendre le temps de flâner, de chiner. Y a-t-il donc une opposition entre les deux choses ?
Le matin, j'ai envie de dormir et je me dis que je ne le fais jamais pendant l'année, de prendre le temps, et qu'il faut que je le fasse. Quand je le fais, la journée à une vitesse dingue et je n'ai le temps de rien faire, et il faudrait voir untel et untel, amis de toujours, ami de...

Interruption

Je somnolais lorsque soudain les sons des klaxons font retentir une victoire trop certaine que j'eusse voulue impossible et je m'interroge sur la portée ostentatoire d'un tel geste ou bruit plutôt.
Ne plus être endormi certainement!

Brrrrou!

25/06/2006

25/06/06 - 21:12

"- J'ai quelque chose d'autre...

...très rare
- Je vais voir ce que je peux faire.
- T'en veux pas ? Parfait!
- Il n'y a pas d'autre moyen, petit gars ?
- Alors qu'est-ce que tu choisis ?"
Cold case, ce jour

Comment se concentrer avec un tel dialogue ?

19/06/2006

19/06/06 - 07:56

Mon colocataire s'appelle Jonathan

Il est mignon. D'origine mexicaine. Je l'aime bien et il a de la chance il va pouvoir profiter de l'appartement pendant tout l'été! J'espère qu'il ne fera pas de bêtise...

06/06/2006

06/06/06 - 06:17

Pourquoi ?

Pourquoi ne rien dire et n'être pas sincère ? Pourquoi ne parle-t-on pas de ce qui importe dans notre vie ? Pourquoi est-on multiple ? Pourquoi cacher les choses ? Pourquoi ne pas tout dire avec ses amis ?

Je ne comprends pas la mesquinerie.

06/06/06 - 06:10

Destin ?

Le destin existe-t-il ? Sommes-nous destinés à faire quelque chose ?
Pourquoi peut-on faire quelque chose alors qu'on sait que cette chose est mauvaise ?
Qui nous pousse ?
Par exemple faire l'amour avec quelqu'un sans préservatif. Ou alors acheter un paquet de cigarettes alors que ça fait 8 ans qu'on a arrêté.

Une chose est sûre, ce n'est pas un désir d'autodestruction. Au contraire, c'est proche d'un désir de revenir en arrière, ou d'atteindre la beauté peut-être, la beauté d'un geste pur qui nous rapproche de l'autre.

 

Thésée et le Centaure, Canova

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Dix raisons d'écrire
"Ecrire n'étant une activité ni normative, ni scientifique, je ne puis dire pourquoi ni pour quoi on écrit. Je puis seulement énumérer les raisons pour lesquelles j'imagine écrire :
1. pour un besoin de plaisir qui, on le sait bien, n'est pas sans rapport avec l'enchantement érotique;
2. parce que l'écriture décentre la parole, l'individu, la personne, accomplit un travail dont l'origine est indiscernable;
3. pour mettre en œuvre un "don", satisfaire une activité distinctive, opérer une différence;
4. pour être reconnu, gratifié, aimé, contesté, constaté;
5. pour remplir des tâches idéologiques ou contre-idéologiques;
6. pour obéir aux injonctions d'une typologie secrète, d'une distribution combattante, d'une évaluation permanente;
7. pour satisfaire des amis, irriter des ennemis;
8. pour contribuer à fissurer le système symbolique de notre société;
9. pour produire des sens nouveaux, c'est-à-dire des forces nouvelles, s'emparer des choses d'une façon nouvelle, ébranler et changer la subjugation des sens;
10. enfin, comme il résulte de la multiplicité et de la contradiction délibérées de ces raisons, pour déjouer l'idée, l'idole, le fétiche de la Détermination Unique, de la Cause (causalité et "bonne cause"), et accréditer ainsi la valeur supérieure d'une activité pluraliste, sans causalité, finalité ni généralité, comme l'est le texte lui-même."
R. Barthes

"Un critique ayant écrit, que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu'il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu'il ne se rappelait pas) était si bien peint, qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d'art chinoise, d'une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terres, sortit et entra à l'exposition. Dès les premières marches qu'il eut à gravir, il fut pris d'étourdissements. Bergotte passa devant plusieurs tableaux et eut l'impression de la sécheresse et de l'inutilité d'un art si factice, et qui ne valait pas les courants d'air et de soleil d'un palazzo de Venise, ou d'une simple maison au bord de mer. Enfin il fut devant le Ver Meer qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petis personnages en bleu, que le sable était rose et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il; mes derniers livres sont trop secs : il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit mur jaune." M. Proust

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poëte suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange.

Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief!
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne,
Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

Stéphane Mallarmé

"Chaque mot écrit est une victoire contre la mort." Butor